Une blanchisserie facture un hôtel selon l'un de trois modèles : à la pièce, au kilo, ou en location du linge qu'elle fournit elle-même. Le bon modèle dépend de qui possède le linge, de la régularité des volumes et du coût réel du kilo pour ce client. Mais quel que soit le modèle, une règle ne change pas : la facture du mois doit découler des bons de livraison et des comptages datés, jamais d'une estimation. Ce guide compare les trois contrats, liste ce que chacun doit préciser et montre comment établir une facture mensuelle sans litige. La page logiciel blanchisserie montre les contrats et la facture du mois dans Lexa.
Les trois modèles de facturation
| Modèle | Qui possède le linge | Base de facturation | Avantage | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| À la pièce | l'hôtel | pièces livrées × prix de chaque article | lisible pour l'hôtel, suit le travail réel | exige un comptage précis à chaque étape |
| Au kilo | l'hôtel | kilos (sale à la réception ou propre à la livraison) | simple et rapide | rentabilité variable selon les articles et la salissure |
| Location | la blanchisserie | pièces livrées, ou forfait par chambre | revenu régulier, contrôle du linge | pertes, usure et stock de linge à financer |
Beaucoup de blanchisseries combinent les modèles : location pour le linge de chambre, pièce pour le linge de restaurant, kilo pour un petit client. Le logiciel doit donc accepter un contrat différent par hôtel, voire par famille d'articles.
Ce que le contrat doit préciser
Un contrat flou se paie en fin de mois, au moment de la facture. Les points à écrire noir sur blanc :
- la base de comptage : quel comptage fait foi, celui du chauffeur chez l'hôtel ou celui de la réception à la blanchisserie ;
- pour le kilo : poids du linge sale à la réception ou du linge propre à la livraison, tare des chariots déduite ;
- les prix : par article pour la pièce et la location, par kilo sinon, et leur révision ;
- le minimum mensuel, si le client a des volumes très saisonniers ;
- la tolérance de pertes et le prix de remplacement de chaque article, pour la location ;
- les délais : fréquence des collectes et des livraisons, délai de réclamation après livraison ;
- les cas particuliers : linge très sale, taché ou abîmé à la réception, et la façon de les traiter.
La facture du mois : partir des bons de livraison
La méthode la plus sûre est une facture par hôtel et par mois, construite automatiquement à partir de tous les bons de livraison de la période :
- chaque livraison produit un bon, avec les pièces par article, le poids propre et les chariots ;
- le bon est imprimé en deux exemplaires : un reste à l'hôtel, l'autre revient signé ;
- en fin de mois, les bons sont additionnés par article et valorisés selon le contrat ;
- le minimum mensuel s'applique si le total est inférieur ;
- la facture porte la TVA et le droit de timbre, et le relevé des bons est joint.
Le relevé des livraisons est le document qui désamorce les contestations : l'hôtel retrouve chaque bon, jour par jour, et peut le rapprocher de son propre comptage.
La facture doit aussi respecter les règles de facturation électronique. Depuis le 1er janvier 2026, la facture électronique est généralisée aux prestations de services ; notre guide de la facturation électronique en Tunisie détaille le format et la plateforme, et le simulateur El Fatoora indique si votre activité est concernée.
La location : gérer les pertes sans conflit
En location, le linge appartient à la blanchisserie : chaque pièce perdue chez l'hôtel est une perte sèche. La règle habituelle est une tolérance de pertes exprimée en pourcentage des pièces louées, au-delà de laquelle les pièces manquantes sont facturées au prix de remplacement fixé au contrat.
Pour que cette clause s'applique sans conflit, il faut pouvoir dire à tout moment combien de pièces sont chez l'hôtel. Cela suppose de compter à chaque passage : ce qui est livré propre, ce qui est repris sale. Notre article Traçabilité du linge hôtelier : du sac à la facture détaille ces points de contrôle.
Les erreurs qui coûtent cher
- facturer sans comptage de réception : en cas de désaccord, la blanchisserie n'a aucune preuve ;
- oublier le minimum mensuel : hors saison, un client peut coûter plus en tournées qu'il ne rapporte ;
- ne pas suivre les pertes de linge loué : le stock s'érode sans jamais être facturé ;
- un prix au kilo unique pour tous : il avantage les clients au linge lourd et sale, et pénalise les autres. Notre article Coût du kilo de linge : le calcul pour blanchisserie montre comment connaître le coût réel de chaque client ;
- facturer en retard : une facture reconstituée à la main plusieurs semaines après la fin du mois retarde l'encaissement et multiplie les erreurs.
La checklist
- Chaque hôtel a-t-il un contrat écrit, avec sa base de comptage ?
- Le logiciel accepte-t-il un modèle différent par hôtel : pièce, kilo ou location ?
- Le minimum mensuel et la tolérance de pertes sont-ils paramétrés par contrat ?
- La facture du mois est-elle calculée à partir des bons de livraison, avec le relevé joint ?
- La facture est-elle conforme : TVA, droit de timbre, facture électronique si vous êtes concerné ?
Lexa ERP pour les blanchisseries gère ces trois modèles de contrat et établit chaque mois une facture par hôtel à partir des livraisons réelles. Un audit gratuit permet de revoir vos contrats et votre facturation actuelle.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux facturer un hôtel au kilo ou à la pièce ?
La facturation à la pièce est plus lisible pour l'hôtel et suit mieux le travail réel, car un peignoir ne demande pas le même travail qu'une taie d'oreiller ; elle exige un comptage précis. La facturation au kilo est plus simple et plus rapide, mais sa rentabilité dépend du mélange d'articles et du degré de salissure. Le bon choix se décide à partir du coût réel du kilo pour ce client, et le contrat doit préciser la base de comptage.
Qu'est-ce qu'un minimum mensuel dans un contrat de blanchisserie ?
Le minimum mensuel est le montant que l'hôtel paie chaque mois même si son volume de linge est faible, par exemple hors saison. Il couvre les coûts fixes que la blanchisserie engage pour ce client : tournées, capacité réservée, linge en location. La facture du mois retient le montant le plus élevé entre le total des livraisons et ce minimum.
Comment facturer les pertes de linge en location ?
Le contrat fixe une tolérance de pertes, en pourcentage des pièces louées, et un prix de remplacement par article. En fin de période, la blanchisserie compare les pièces confiées à l'hôtel et celles qui lui sont revenues ; les pièces manquantes au-delà de la tolérance sont facturées au prix de remplacement. Des comptages datés à chaque collecte et à chaque livraison évitent la contestation.
La facture électronique concerne-t-elle les blanchisseries ?
Depuis le 1er janvier 2026, la facture électronique est généralisée aux prestations de services (loi de finances 2026, article 53). Une blanchisserie qui relève du régime réel et facture des hôtels est donc en principe concernée. Le simulateur El Fatoora de Lexa indique en six questions si votre activité l'est et depuis quand.